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	<title>Kheper</title>
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	<description>Kheper &#339;uvre &#224; la biodiversit&#233; culturelle : cr&#233;ation de documentaires engag&#233;s, projections de films, organisation de festivals ou &#233;crits divers et vari&#233;s ...</description>
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		<title>Kheper</title>
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		<title>Pour vivre heureux vivons l&#233;ger </title>
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		<dc:creator>Pierre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le Journal minimal&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.kheper.org/Les-amis-de-la-presse-libre" rel="directory"&gt;Les amis de la presse libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Outil artistique d'interpellation non violente des passants dans l'espace public autour de la question climatique, le projet #loveplanet est soutenu par Extinction Rebellion.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donner aux citoyens le pouvoir d'interpellation dans l'espace public au sujet du chaos climatique, telle est l'ambition de l'op&#233;ration #loveplanet lanc&#233;e par Extinction Rebellion et Street Art Rebellion fin septembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est n&#233;e dans la t&#234;te de deux habitantes de Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : Cathy Lamry, militante du climat, membre du collectif Street Art Rebellion, et YZ, street artiste. &#171; Nous avions beaucoup travaill&#233; ensemble &#224; Montreuil sur l'&#233;v&#233;nement &#171; La voie est libre ! &#187;, o&#249; il &#233;tait d&#233;j&#224; question de mobiliser les artistes sur les questions climatiques. Puis nous avons imagin&#233; #loveplanet, un projet qui permette &#224; tout le monde de sensibiliser les passants &#8216;avec du beau', non pas de mani&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re, mais dans la dur&#233;e, n'importe quand et &#224; l'&#233;chelle mondiale &#187;, nous explique Cathy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien que &#231;a&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;YZ, avec son r&#233;seau, et Cathy, avec une grande exp&#233;rience d'organisation d'&#233;v&#233;nements participatifs, ont lanc&#233; un appel aux street artistes engag&#233;s qu'elles connaissaient. Une cinquantaine, de 14 nationalit&#233;s diff&#233;rentes, ont r&#233;pondu oui !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restait &#224; r&#233;gler la question d'une diffusion la plus large possible des 70 &#339;uvres r&#233;alis&#233;es pour l'op&#233;ration. Celles-ci ont &#233;t&#233; num&#233;ris&#233;es en noir et blanc pour &#234;tre mises &#224; disposition en t&#233;l&#233;chargement libre et facilement imprimables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voici une :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.kheper.org/local/cache-vignettes/L500xH552/melle-terite-2-7e55f.jpg?1780158736' width='500' height='552' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le r&#232;gne du roi belge L&#233;opold II au Congo </title>
		<link>https://www.kheper.org/Le-regne-du-roi-belge-Leopold-II-au-Congo</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Archipel de novembre 2025&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.kheper.org/Les-amis-de-la-presse-libre" rel="directory"&gt;Les amis de la presse libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le roi L&#233;opold II de Belgique nourrit tr&#232;s t&#244;t l'ambition de poss&#233;der un empire personnel. Faute d'obtenir l'appui de son pays, il convainc les puissances europ&#233;ennes, lors du congr&#232;s de Berlin (1885), de lui confier la souverainet&#233; sur un immense territoire au c&#339;ur de l'Afrique : l'&#171; &#201;tat ind&#233;pendant du Congo &#187;. Sous le pr&#233;texte d'abolir la traite et d'apporter la civilisation, il s'approprie en r&#233;alit&#233; un domaine priv&#233; destin&#233; &#224; l'exploitation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;buts sont marqu&#233;s par la conqu&#234;te du territoire et la mise en place d'un syst&#232;me de domination fond&#233; sur la violence. L'ivoire devient la premi&#232;re ressource pill&#233;e, avant que la demande mondiale en caoutchouc n'entra&#238;ne une intensification dramatique de l'exploitation. Les congolais.es sont soumi.es &#224; des quotas irr&#233;alistes ; les refus ou les &#233;checs se paient de tortures, ex&#233;cutions ou de prises d'otages. Femmes et enfants servent de garanties, tandis que les villages sont incendi&#233;s et les r&#233;coltes d&#233;truites pour maintenir la terreur.&lt;br class='autobr' /&gt;
La force publique, arm&#233; priv&#233;e de L&#233;opold, incarne ce r&#233;gime de cruaut&#233;. Ses soldats doivent fournir la preuve de leurs ex&#233;cutions en rapportant les mains droites des victimes &#8211; souvent tranch&#233;es &#224; des vivants. Le fouet de la &#171; chicotte &#187; ach&#232;ve de symboliser ce syst&#232;me d'asservissement, o&#249; la mort est quotidienne et la violence institutionnalis&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des missionnaires, voyageurs et diplomates t&#233;moignent des atrocit&#233;s, suscitant une indignation croissante en Europe. Des figures comme Roger Casement, E. D. Morel ou William Shepard diffusent des r&#233;cits pr&#233;cis sur la r&#233;alit&#233; du Congo. Sous cette pression internationale, L&#233;opold II doit finalement c&#233;der en 1908 : le Congo devient alors une colonie belge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore aujourd'hui, il est difficile d'estimer avec pr&#233;cision combien de congolais.es ont p&#233;ri sous le r&#232;gne de L&#233;opold II. L'absence de recensement avant la colonisation rend tout calcul profond&#233;ment incertain. N&#233;anmoins, selon plusieurs travaux dont ceux de l'historien Jan Vansina, on peut supposer que plusieurs millions de congolais.es sont mort.es entre 1880 et 1920. Ces d&#233;c&#232;s r&#233;sultent du travail forc&#233;, de la famine, des maladies et des massacres, tous produits d'un m&#234;me syst&#232;me d'exploitation.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;opold II d&#233;truit une grande partie des archives relatives &#224; sa gestion du Congo, rendant ses profits difficiles &#224; mesurer. L'historien Jules Marchal les &#233;value &#224; environ 220 millions de francs belges (pr&#233;s de 1,5 milliard d'euros) argent ayant servi &#224; financer son faste personnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Congo de L&#233;opold II n'est pas une exception : il illustre la violence constitutive du colonialisme europ&#233;en. De l'ivoire et du caoutchouc d'hier au cobalt et au coltant d'aujourd'hui, la m&#234;me logique de pillage et de domination perdure encore au Congo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;l&#233;phants blancs </title>
		<link>https://www.kheper.org/Les-elephants-blancs</link>
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		<dc:date>2026-05-30T16:24:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Nunatak de janvier 2026&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.kheper.org/Les-amis-de-la-presse-libre" rel="directory"&gt;Les amis de la presse libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire des JO modernes est remplie d'&#171; &#233;l&#233;phants blancs &#187;, expression d&#233;signant un ouvrage ou une construction monumentale tr&#232;s co&#251;teuse et s'av&#233;rant peu n&#233;cessaire, peu utilis&#233;e apr&#232;s-coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1968 : Le tremplin de St-Nizier du Moucherotte a servi pour des entra&#238;nements et des comp&#233;titions jusqu'en 1989 et a ensuite &#233;t&#233; d&#233;laiss&#233; pour cause d'adaptations aux nouvelles normes trop co&#251;teuses. Il a &#233;t&#233; interdit au public pour raison de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la piste de bobsleigh de l'Alpe d'Huez, expos&#233;e plein sud, malgr&#233; ses 1860 m&#232;tres d'altitude, la glace ne tenait pas. Les comp&#233;titions se faisaient de nuit et ont d&#251; &#234;tre interrompues par manque de glace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1992, Albertville : Nouvelle piste de bobsleigh construite &#224; La Plagne au terme d'un chantier pharaonique dont t&#233;moigne &#201;ric Adamkiewicz, ancien directeur des sports de la ville de Grenoble et enseignant en &#233;conomie du sport, au micro de France Inter &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; : &#171; Il a fallu buser deux torrents de montagne dans une zone d'&#233;boulis. On avait une faille sismique &#224; la verticale. Il a fallu cr&#233;er un syst&#232;me antisismique et antisecousse pour assurer la s&#233;curit&#233; de la piste. &#187; Pour refroidir la glace, 45 000 tonnes d'ammoniac ont &#233;t&#233; utilis&#233;es, le site a alors &#233;t&#233; class&#233; Seveso avant d'&#234;tre &#171; d&#233;pollu&#233; &#187; en 2006, l&#224; encore pour des montants astronomiques. Apr&#232;s ce grand raout le nombre de personnes licenci&#233;es pratiquant le bobsleigh n'a jamais d&#233;pass&#233; cent personnes et le nombre de touristes utilisant la piste chaque ann&#233;e tourne sous les 15000. La piste doit &#234;tre r&#233;nov&#233;e pour l'&#233;dition de 2030 &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; , un autre gouffre financier en perspective&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2006, Turin : Les estimations s'estiment &#224; 2,3 milliards d'euros pour &#233;riger les grands monuments du sport. Ils sont aujourd'hui laiss&#233;s &#224; l'abandon &#224; Turin en Val de Suse et en Val Chisone. Les Turinois attendent encore l'utilisation d'un complexe omnisports. &#192; Sansicorio la piste de bobsleigh, expos&#233;e plein sud, se r&#233;chauffe au soleil et est inutilis&#233;e. &#192; Pragelato des imposants tremplins, visibles depuis le centre du village, sont laiss&#233;s &#224; l'abandon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont que quelques exemples parmi une liste qui ne cesse de s'allonger au fil des &#233;ditions &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2030 : Nice, connue pour ses hivers tr&#232;s doux, a &#233;t&#233; choisie pour subir l'adaptation dantesque du stade et d'une grande salle de spectacle pour les &#233;preuves sur glace (patinage, hockey, short-track, curling&#8230;) soit quatre patinoires (et tout le syst&#232;me de refroidissement que cela implique), plus de 30000 places spectateurs, et un village olympique de 1500 lits. Ce dernier serait destin&#233;, par la suite, &#224; se transformer en logements &#233;tudiants et sociaux. La pitrerie de la c&#233;r&#233;monie d'ouverture pourrait quant &#224; elle se d&#233;rouler &#224; Marseille, autre ville connue pour ses hivers glacials.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les JO modernes comme d'autres grands &#233;v&#233;nements sportifs ou culturels entra&#238;nent des modifications des territoires qui les accueillent. D&#233;j&#224;, l'&#233;dition grenobloise de 1968, en plus de l'aubaine pour d&#233;velopper le tourisme et les sports d'hiver, &#233;tait aussi une opportunit&#233; pour acc&#233;l&#233;rer des projets urbains transformant radicalement la ville (Palais des Sports, Alpexpo, nouvel h&#244;tel de ville, h&#244;pital Sud, rocade Sud, gare et a&#233;roport). &#192; l'&#233;poque ces constructions d'infrastructures se sont faites aux d&#233;pens d'autres, indispensables, telles que les &#233;coles. Les JO ne se cantonnent pas &#224; envahir la montagne et les stations d'altitude pour le d&#233;roulement de ses &#233;preuves. Routes, rocades, doublement de voies, construction de parkings et villages olympiques, autant de cicatrices qui b&#233;tonnent &#224; chaque fois un peu plus les territoires des plaines jusqu'aux sommets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) &#171; Derri&#232;re les JO de Paris, les Jeux d'hiver de 2030 &#187;, Secrets d'info, France Inter, diffus&#233;e le 8 juin 2024. &lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Laury-Anne Cholez, &#171; JO 2030 : r&#233;nover la piste de bobsleigh, une op&#233;ration co&#251;teuse et inutile ? &#187;, Reporterre, 25 juillet 2025, reporterre.net [consult&#233; le 10 novembre 2025].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Je ne voulais pas d'un m&#233;tier froid sans relation &#187;</title>
		<link>https://www.kheper.org/Je-ne-voulais-pas-d-un-metier-froid-sans-relation</link>
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		<dc:date>2026-04-26T17:21:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Postillon de Hiver 2025-2026&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.kheper.org/Les-amis-de-la-presse-libre" rel="directory"&gt;Les amis de la presse libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une des &#8212; si ce n'est la &#8212; plus petites librairies de la cuvette. Depuis trois ans, Manon s'active &#224; d&#233;velopper plein d'id&#233;es autour de son minuscule local du centre-ville de Gi&#232;res et de sa passion des livres. Malgr&#233; le manque de place donc, et malgr&#233; la polyarthrite qui lui pourrit la vie depuis presque toujours. Comme quoi, &#231;a peut marcher de croire en ses &#171; r&#234;ves d'ado &#187; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; La priorit&#233; pour bosser ici, c'est de ma&#238;triser l'art subtil du Tetris&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Il faut effectivement pas mal d'ing&#233;niosit&#233; pour parvenir &#224; tenir une librairie dans un espace de 22 m&#232;tres carr&#233;s tout compris. &#171; &lt;i&gt; J'ai pas beaucoup de place alors fallait faire des choix&lt;/i&gt; &#187; explique Manon en d&#233;voilant les grandes lignes de sa &#171; strat&#233;gie commerciale &#187;. &#171; Dans mon stock, il n'y a environ que 10 % de livres connus. Le reste c'est des choses qu'on ne voit pas &#8211; ou tr&#232;s peu &#8211; en devanture et t&#234;te de gondole d'autres librairies. Je connais tr&#232;s bien mes clients, j'ai leurs go&#251;ts en t&#234;te, alors je rep&#232;re, j'ach&#232;te, je peux me planter, mais 90 % du temps le client prendra ce que j'ai pens&#233; pour lui. &#187; Pour se d&#233;marquer des autres librairies, Manon s'est notamment sp&#233;cialis&#233;e dans la litt&#233;rature jeunesse et dans celle pour les publics souffrant de troubles &#171; Dys &#187; (soit des &#171; troubles sp&#233;cifiques durables &#187;, qui concernent les dysfonctionnements, plus ou moins graves, des fonctions cognitives du cerveau relatives au langage, &#224; l'&#233;criture, au calcul, aux gestes ou &#224; l'attention). &#171; &lt;i&gt; Je me suis form&#233;e &#224; la biblioth&#233;rapie et &#224; la litt&#233;rature Dys, alors je communique beaucoup dessus parce que les autres libraires ne savent souvent pas bien conseiller les publics Dys. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas pour rien que Manon s'est sp&#233;cialis&#233;e dans les publics Dys. &#171; &lt;i&gt; Du fait de mon handicap, j'ai toujours &#233;t&#233; attentive aux difficult&#233;s des autres.&lt;/i&gt; &#187; Il n'y a pas que le local qui est tr&#232;s petit&#8230; la patronne aussi, la faute &#224; un des nombreux m&#233;dicaments qu'elle prend pour soigner une polyarthrite qui lui pourrit la vie depuis ses quatre ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, il y a eu les ann&#233;es de &#171; &lt;i&gt;grosses grosses douleurs &#224; ne rien pouvoir faire &#224; part lire&lt;/i&gt; &#187;, quand &#171; &lt;i&gt;le seul poids du drap faisait mal &lt;/i&gt; &#187;, et puis les longs mois d'hospitalisation, les ann&#233;es scolaires redoubl&#233;es ou effectu&#233;es en deux ans&#8230; Mais toutes ces &#233;preuves n'ont pas emp&#234;ch&#233; Manon de garder tout le temps dans sa t&#234;te son &#171; r&#234;ve d'adolescente &#187; : ouvrir une librairie. &#171; &lt;i&gt; &#199;a m'est venu en voyant le film &#8220;You've got a mail&#8221;, qui met en sc&#232;ne une petite librairie de quartier&#8230; Avec mon handicap, les livres ont toujours &#233;t&#233; une bou&#233;e de secours pour m'&#233;vader. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un DUT M&#233;tiers du livre et une licence pro Litt&#233;rature et Documentation pour la jeunesse, Manon a cherch&#233; du boulot en biblioth&#232;que : &#171; &lt;i&gt; J'ai pass&#233; pas mal d'entretiens, mais &#231;a n'a jamais abouti.&lt;/i&gt; &#187; Finalement, elle entend parler de l'ouverture d'une petite librairie dans sa commune de Gi&#232;res : &#171; &lt;i&gt;J'ai boss&#233; un an avec l'ancienne g&#233;rante puis elle m'a propos&#233; de reprendre. &lt;/i&gt; &#187; Ce qui n'a pas &#233;t&#233; une mince affaire, mais l'essentiel, c'est que depuis trois ans Manon tient ce &#171; petit cocon &#187; : &#171; &lt;i&gt; J'essaye que ce soit un lieu accueillant pour tout le monde, quel que soit son genre, sa religion, sa nationalit&#233;, sa sexualit&#233;, son handicap&#8230; Je ne voulais pas un m&#233;tier froid sans relation, je veux cr&#233;er du lien. &lt;/i&gt; &#187; Pour le peu de temps qu'on y a pass&#233;, &#231;a a l'air de fonctionner : notre discussion &#233;tait sans cesse interrompue par des va-et-vient d'habitants cherchant un bouquin, remerciant Manon pour un conseil ou poussant la porte juste pour&#8230; caresser un des deux chats qui squattent la librairie. &#171; &lt;i&gt; Il y a des clients qui viennent juste pour papoter de leur vie, de leur mal-&#234;tre. Quand on vit des choses difficiles dans sa propre vie, on est beaucoup plus ouvert &#224; &#233;couter l'autre. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le manque de place, Manon tient aussi &#224; proposer des cr&#233;ations d'artisans locaux (et pas seulement Le Postillon&#8230;) : dessins, tissus, lampes, savons, c&#233;ramiques, bijoux. En plus des &#171; mois &#224; th&#232;mes &#187; (avec des s&#233;lections sp&#233;ciales dans la vitrine), il y a les &#171; menus litt&#233;raires &#187;, qu'elle cr&#233;e tous les quinze jours, sur le concept d'un menu de restaurant expos&#233; &#224; l'ext&#233;rieur. Et puis quantit&#233; d'animations vari&#233;es&#8230; Aux quarante heures d'ouverture de la librairie par semaine, il faut ajouter les soir&#233;es et les week-ends pass&#233;s &#224; &#233;plucher les catalogues des nouveaut&#233;s. Manon estime son temps de travail &#224; &#171; &lt;i&gt; environ douze heures par jour&lt;/i&gt; &#187;. Et tout &#231;a pour&#8230; z&#233;ro euro de salaire pour l'instant. Si Manon, 35 ans, vit gr&#226;ce &#224; l'allocation adulte handicap&#233; (AAH), elle aurait aim&#233; commencer &#224; se payer au bout de trois ans d'ouverture, &#171; &lt;i&gt;m&#234;me si c'est s&#251;r qu'on ne travaille pas dans le milieu du livre pour devenir Cr&#233;sus&lt;/i&gt; &#187;. Mais finalement ce sera pour plus tard : &#171; &lt;i&gt;Dans les prochains mois, j'aimerais bien embaucher un alternant pour pouvoir me d&#233;gager du temps afin de d&#233;velopper la com' et de nouveaux partenariats, et de monter plusieurs gros projets. Alors peut-&#234;tre que j'arriverai &#224; me salarier l'ann&#233;e d'apr&#232;s&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'avait jamais vu de patronne (ni de patron d'ailleurs) avec un si lourd handicap, Manon non plus. &#171; &lt;i&gt;On pense que les personnes en situation de handicap n'ont pas d'autres possibilit&#233;s que de travailler en Esat ou dans des milieux prot&#233;g&#233;s, ou de vivre seulement de l'AAH&#8230; Mais non ! &lt;/i&gt; &#187; &#192; part un fonds de 6 000 euros de l'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicap&#233;es) au moment du lancement de son commerce, Manon n'a pourtant eu droit &#224; aucune aide sp&#233;cifique. Malgr&#233; sa polyarthrite, il n'y a a priori pas de dispositif pour embaucher une personne pour la suppl&#233;er &#8211; notamment dans les t&#226;ches physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors Manon accueille des stagiaires. Ce mois de novembre, c'&#233;tait Barri qui d&#233;couvrait le m&#233;tier de libraire. En reconversion professionnelle, il a demand&#233; un stage ici apr&#232;s avoir fait &#171; le client myst&#232;re &#187;. &#171; &lt;i&gt; J'ai bien aim&#233; l'ambiance qui se d&#233;gageait du lieu, &#231;a se rapproche de la relation client que j'aimerais avoir&#8230; &lt;/i&gt; &#187;. Barri bossait avant dans la grande distribution, &#224; Carrefour. Apr&#232;s un burn-out suivi d'une d&#233;pression, il veut maintenant travailler avec ses amours de jeunesse : les livres. &#171; &lt;i&gt;J'ai grandi dans les quartiers, mais j'&#233;tais toujours un peu &#224; c&#244;t&#233; &#8211; de ma famille ou de ma communaut&#233;. Je suis tomb&#233; accro aux &#233;crans, mais ma m&#232;re m'a coup&#233; toute connexion alors je me suis r&#233;fugi&#233; dans les livres, notamment en allant &#224; la biblioth&#232;que de la Ponati&#232;re. Je me suis rendu compte que les livres c'&#233;tait comme les jeux vid&#233;o, mais en plus sain... Ils m'ont beaucoup fait voyager. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'emp&#234;che que les bouquins et les lieux qui les vendent sont menac&#233;s par le d&#233;veloppement du monde des &#233;crans. &#171; &lt;i&gt;Il y a la concurrence des liseuses, de la vente en ligne&#8230;&lt;/i&gt; &#187; liste Manon. &#171; Et puis les gens passent tellement de temps sur les r&#233;seaux qu'ils n'ont plus le temps de lire. &#187; D'autres veulent leur livre imp&#233;rativement tout de suite. &#171; &lt;i&gt;Les grosses librairies se font livrer une ou deux fois par jour, moi c'est deux fois par semaine. Des personnes ne supportent pas d'attendre trois jours alors elles vont dans les grosses librairies&#8230; qui sont avantag&#233;es par des conditions commerciales int&#233;ressantes en passant de grosses commandes. Mais moi je n'arrive pas souvent &#224; les avoir, car je n'ai ni la place ni le budget pour faire des commandes importantes&#8230; En tant que petit on est p&#233;nalis&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manon peut n&#233;anmoins compter sur la &#171; super ambiance &#187; parmi les commer&#231;ants de Gi&#232;res et sur son entourage. &#171; &lt;i&gt;J'ai gal&#233;r&#233; un peu toute ma vie, mais j'ai la chance d'avoir des parents, une s&#339;ur et une famille qui ont toujours &#233;t&#233; l&#224; en aide et en soutien. En faisant vivre ce lieu, le message que je cherche &#224; faire passer c'est que malgr&#233; tout, on peut d&#233;passer ses difficult&#233;s et atteindre ses r&#234;ves.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Graines d'artistes</title>
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		<dc:creator>Pierre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;CQFD de janvier 2026&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;chec scolaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Graines d'artistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais, contractuel, dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie ou devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tu m'soules ! Bouge de l&#224;, je veux plus te voir ! &lt;/i&gt; &#187; Merde, &#231;a y est, c'est sorti. Je ne compte pas le nombre de fois o&#249; je me suis retenu de lui dire &#224; celui-l&#224;. Parfois, je me vois jeter des marqueurs en pleine face des &#233;l&#232;ves les plus p&#233;nibles ou les insulter encore plus durement. L'&#233;l&#232;ve se l&#232;ve et quitte la salle, abasourdi : &#171; &lt;i&gt;Il m'a dit &#8220;bouge de l&#224;&#8221;. &lt;/i&gt; &#187; Faut dire qu'il l'a bien cherch&#233; non ? Me justifierai-je, apr&#232;s, en salle des profs. &#171; &lt;i&gt; Il dort et comate la moiti&#233; du cours et quand il se r&#233;veille c'est pour faire rire ses camarades de classe ! &lt;/i&gt; &#187; Deux ans d'anciennet&#233; et je parle d&#233;j&#224; comme un vieux prof... D'un autre c&#244;t&#233;, peut-&#234;tre que mon cours n'est pas passionnant ? J'improvise difficilement une le&#231;on autour de la page 74 du manuel d'histoire-g&#233;o. Le th&#232;me : &#171; Les plateformes multimodales &#187;. Des camions, des avions, des d&#233;p&#244;ts... Que d'ing&#233;niosit&#233; logistique ! Et m&#234;me si j'adopte un point de vue critique, que je parle d'exploitation et de pollution, la classe dort. Que l'on mente ou que l'on soit honn&#234;te sur l'&#233;tat du monde, parfois, c'est juste ennuyant, morbide...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques semaines plus tard, une coll&#232;gue me propose : &#171; &lt;i&gt;Tu veux pas qu'on monte des ateliers d'&#233;criture ? J'en peux plus de faire de la grammaire.&lt;/i&gt; &#187; J'attrape la perche, peut-&#234;tre l'occasion de faire mieux ? Nous voil&#224; alors &#224; bricoler des s&#233;ances autour du formidable pouvoir des mots. Les faire &#233;crire sur eux, leur rapport au monde, au bonheur, &#224; la souffrance ou la libert&#233;. Pas mal non ? &#171; &lt;i&gt; Monsieur, moi &#233;crire, je d&#233;teste, je hais, j'ai pas envie.&lt;/i&gt; &#187; L'avis semble g&#233;n&#233;ral dans la classe. Je ne d&#233;sesp&#232;re pas : &#171; &lt;i&gt;C'est parce que vous &#233;crivez sous la contrainte. Dans l'atelier, vous serez libre d'&#233;crire ou de ne pas &#233;crire. Prends-le comme un jeu ! Parle-nous de toi ! &lt;/i&gt; &#187; Premier atelier : d&#233;crivez minutieusement un aliment que vous adorez. Le m&#234;me &#233;l&#232;ve : &#171; &lt;i&gt; La sauce alg&#233;rienne sillonne ma salive et serpente dans mes silences. &lt;/i&gt; &#187; Graine d'artiste. Deuxi&#232;me atelier : &#233;crivez un po&#232;me ou chaque mot (except&#233; pronoms et d&#233;terminants) commence par vos initiales. Un autre &#233;l&#232;ve : &#171; &lt;i&gt;La lampe arros&#233;e de lumi&#232;re est l'ombre de mon &#226;ge qui agrandit l'avenir. &lt;/i&gt; &#187; Po&#232;te qui s'ignore. Troisi&#232;me atelier : &#233;crivez en &#233;criture automatique, sans r&#233;fl&#233;chir au sens. &#171; &lt;i&gt;Qui a cr&#233;&#233; la Terre ? Qui s'est dit je l'appelle Terre, qui s'est dit qu'elle &#233;tait ronde, qui a cr&#233;&#233; les villes et leur a donn&#233; leur nom ? &lt;/i&gt; &#187; Philosophe en devenir. S&#233;ance apr&#232;s s&#233;ance les langues se d&#233;lient et les &#233;l&#232;ves qui dormaient ou chahutaient prennent go&#251;t, se livrent et s'encouragent. Au dernier cours, l'&#233;l&#232;ve que j'avais vir&#233; quelques semaines plus t&#244;t met spontan&#233;ment une instru pour rapper le texte qu'il vient d'&#233;crire. Avec une aisance certaine, il d&#233;bite : &#171; &lt;i&gt; Le diable a une maison, il m'habite / Je navigue dans ma ville et je vrille ! &lt;/i&gt; &#187; La classe est unanime, &#171; &lt;i&gt;il a dead &#231;a&lt;/i&gt; &#187;. Je le f&#233;licite. R&#233;concili&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lo&#239;c dans CQFD de janvier 2026&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Recette pour panneaux photovolta&#239;ques</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'Ire des ch&#234;naies du 8 janvier 2026&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Recette pour panneaux photovolta&#239;ques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, prenez une grande crise climatique, ajoutez des lois type APER (loi Acc&#233;l&#233;ration de la Production des &#201;nergies Renouvelables) et quelques 2000 feuilles de GIEC (pr&#233;f&#233;rez celles du groupe 3, solution parfum &#171; innovations).&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour r&#233;ussir le silicium, il ne faut pas &#234;tre avare. Le proc&#233;d&#233; est excessivement propice au gaspillage de mati&#232;res premi&#232;res et gros consommateur d'&#233;nergie, de produits toxiques et d'eau. Pour une tonne de silicium, pr&#233;voyez 223 MWh d'&#233;lectricit&#233;, 280 tonnes d'acide, ammoniaque, chlore, ac&#233;tone, etc. et pour l'eau, pas d'inqui&#233;tude, la fourniture d'eau aux usines micro&#233;lectroniques y est, par contrat, prioritaire sur les usages quelle que soit la temp&#233;rature ext&#233;rieure &#8211; par exemple STMicroelectronics engloutit 156 000 tonnes d'eau/jour (pour les puces des portables) et se fait approvisionner par camion dans les p&#233;riodes de s&#233;cheresse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dernier avertissement :&lt;br class='autobr' /&gt;
Soyez prudents, portez masques et gants !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour une tonne de silice de qualit&#233; propice &#224; la transformation &#233;lectronique, silice de quartz, commencez par extraire 250 tonnes de mati&#232;re premi&#232;re (la silice). Pr&#233;voir de la dynamite des foreuses des pelleteuses sans oublier les camions et encore des camions, et des r&#233;seaux routiers qui vont avec.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour transformer la silice en silicium m&#233;tal : pr&#233;voyez beaucoup d'&#233;lectricit&#233;, de bois, d'eau, de Ou&#239;ghours, main d'&#339;uvre gratuite, ce qui n'est pas n&#233;gligeable (en 2024, la Chine produit 90 % de la production de toutes les &#233;tapes de la fabrication du polysilicium au module), il faut broyer laver tamiser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Proc&#233;der ensuite &#224; la fusion de la silice et du carbone dans un four &#224; 3000&#176; jusqu'&#224; l'obtention d'une p&#226;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
Raffinez cette p&#226;te en transformant le silicium m&#233;tal en gaz trichlorosilane par r&#233;action avec du chlore d'hydrog&#232;ne &#224; 300&#176;. Puis prenez une cloche de confinement de 2m de haut, placez-y les tiges tr&#232;s pures et chauffez &#224; 1100&#176;, vous obtenez du poly-silicium.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faites-le fondre dans un four sous atmosph&#232;re d'argon &#224; 1450&#176;, plongez un germe de silicium et &#233;tirez tr&#232;s lentement en tournant pendant 30 heures, vous obtenez un lingot de silicium monocristallin ultra pur (99,999999%) de 30 &#224; 100 kg, de diam&#232;tre 20 &#224; 30 cm.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne vous reste plus qu'&#224; le d&#233;couper en tranches de 1 &#224; 2 mm, vous avez r&#233;ussi vos plaquettes de silicium. Ne vous inqui&#233;tez pas, cette op&#233;ration produit une perte de 40 &#224; 50 % de mati&#232;re, cela est normal, il ne restera plus que 500 &#224; 600 kg de mati&#232;re sur nos 250 tonnes de d&#233;part. Vous pouvez les nano-graver &#224; l'aide d'autres chimies toxiques telles que la phosphine (hydrog&#232;ne phosphor&#233;), le thilane ou l'arsine (m&#233;lange hydrog&#232;ne &#8211; arsenic).&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pr&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Organisez des campagnes &#224; destination du grand public pour lui faire gober la &#171; transition &#187; en prenant soin de retirer les conclusions du CNRS qui indiquent que &#171; &lt;i&gt;l'industrie &#233;lectronique est consid&#233;r&#233;e comme une industrie plus propre que ses voisins (mines chimie p&#233;trole) mais en r&#233;alit&#233; son impact environnemental est bien plus important en regard de la quantit&#233; de ressources en eau &#233;nergie et produits toxiques&lt;/i&gt; &#187;. Ce serait indigeste et/ou d&#233;primant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faites dresser par vos startupers d&#233;vou&#233;s, types Jpee &lt;i&gt; &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#171; &lt;i&gt;op&#233;rateur &#233;thique et engag&#233; [&#8230;] attentif aux attentes et sp&#233;cificit&#233;s des territoires [&#8230;] soucieux d'agir pour un avenir d&#233;sirable &lt;/i&gt; &#187; vos panneaux photovolta&#239;ques &lt;i&gt; &lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; partout o&#249; vous pouvez sur les territoires : hangars, parkings, friches, terrains communaux, terres agricoles, peu importe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jpee vous le dit, &#171; &lt;i&gt; les &#233;nergies renouvelables offrent une alternative in&#233;puisable, propre, comp&#233;titive&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, l'&#233;nergie verte n'existe pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va falloir apprendre &#224; &#233;conomiser l'&#233;nergie et &#224; d&#233;finir nos priorit&#233;s. R&#233;fl&#233;chissons ensemble &#224; nos besoins, confrontons-nous &#224; ce qu'implique mat&#233;riellement la sobri&#233;t&#233;, d&#233;terminons les techniques les plus adapt&#233;es &#224; notre situation, et seulement ensuite nous pourrons faire appel aux intervenants adapt&#233;s. Ce qui est s&#251;r, c'est que, tant que la d&#233;croissance n'arrivera pas &#224; s'imposer comme mot d'ordre urgent et imp&#233;ratif, le monde continuera comme il ne va pas. La seule &#233;nergie propre qui soit est celle qu'on n'utilise pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; jpee.fr et banquedesterritoires.fr &#8211; La banque des territoires est un des 5 m&#233;tiers de la caisse des d&#233;p&#244;ts et actionnaire &#224; 49 % d'une trentaine de soci&#233;t&#233;s de projets pilot&#233;s par Jpee. Depuis 2023, elle est actionnaire de Jpee &#224; hauteur de 34 % du capital afin &#171; d'accompagner et acc&#233;l&#233;rer la croissance de Jpee &#187;, n'allez pas faire de mauvais esprit et y voir un quelconque conflit d'int&#233;r&#234;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Les ch&#226;ssis et les cadres des panneaux sont en aluminium, le c&#226;blage en cuivre, les soudures, contacteurs et conducteurs sont en argent, zinc, plomb, &#233;tain et indium. Les panneaux de verre sont trait&#233;s &#224; l'antimoine, m&#233;tal toxique. Voir Celia Izoard, La ru&#233;e mini&#232;re au XX&#232;me si&#232;cle, Seuil, 2024 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment le capitalisme a tu&#233; mon p&#232;re</title>
		<link>https://www.kheper.org/Comment-le-capitalisme-a-tue-mon-pere</link>
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		<dc:date>2026-01-06T14:40:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Frustration magazine d&#233;cembre 2025&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 8 juillet 2025, la loi Duplomb, du nom de Laurent Duplomb, &#8211; actuel s&#233;nateur Les R&#233;publicains et ancien pr&#233;sident FNSEA de la chambre d'agriculture de la Haute-Loire-, qui vise &#224; &#8220;lever les contraintes &#224; l'exercice du m&#233;tier d'agriculteur&#8221;, est adopt&#233;e. Elle r&#233;-autorise l'usage des n&#233;onicotino&#239;des, des insecticides ultra toxiques, interdits en 2018, dans l'agriculture intensive. C'est une loi qui reprend quasiment mot pour mot les revendications de la FNSEA. Bien que le lobby agro-industriel fasse tout pour &#233;touffer cette affaire, les &#233;tudes scientifiques sont nombreuses &#224; &#233;tablir un lien clair entre massification de l'usage des produits phytosanitaires chimiques et massification des cancers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 8 juillet 2025, je n'avais pas trop la t&#234;te &#224; suivre l'affaire loi Duplomb, j'&#233;tais &#224; l'h&#244;pital &#224; Grenoble, c'est le dernier jour o&#249; j'ai pu parler &#224; mon p&#232;re. J'ai raval&#233; mes larmes un instant et j'ai rassembl&#233; toute la force qui me restait, celle qui m'a &#233;t&#233; donn&#233;e par lui, par ma m&#232;re, par mes s&#339;urs, pour lui dire que c'&#233;tait si dur parce que c'&#233;tait trop t&#244;t, parce qu'on s'aimait, mais qu'on allait tout faire pour &#234;tre fortes, pour &#234;tre dans la vie. Il m'a dit &#8220;&#231;a fait du bien d'entendre &#231;a&#8221;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment le capitalisme a tu&#233; mon p&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 11 juillet, mon p&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233; d'un cancer fulgurant, multim&#233;tastatique dont l'origine n'a pas &#233;t&#233; identifi&#233;e, qui l'a emport&#233; en cinq semaines. Onde de choc. Pas, ou peu de signes avant-coureurs, il &#233;tait en forme. Mon p&#232;re est mort &#224; l'h&#244;pital dans lequel je suis n&#233;e, &#224; 65 ans, d'un cancer ; mon grand-p&#232;re (son p&#232;re) est mort &#224; 63 ans, d'un cancer. Mon p&#232;re est mort quand j'avais 33 ans, mon p&#232;re en avait 34 quand il a perdu le sien. Dr&#244;le de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est mort &#224; 65 ans, en ayant &#224; peine eu le temps de profiter d'une vie post-salariat. Il travaillait encore, faisait des int&#233;rims de direction, n&#233;cessaires &#224; une retraite faite de plaisirs, de quelques voyages, de coups de pouce aux enfants. Il avait commenc&#233; &#224; travailler ado en faisant du secourisme, avait d&#233;croch&#233; &#224; l'&#233;cole &#224; cause des horreurs qu'il avait vues, et c'est sans le bac en poche qu'il s'&#233;tait lanc&#233; dans le social. Il venait d'une longue lign&#233;e de paysans bretons (les vrais, pas les industriels), les hommes mourraient t&#244;t, il avait une revanche &#224; prendre. Il &#233;tait un grand professionnel et un humaniste, comme en ont t&#233;moign&#233; les nombreuses familles accompagn&#233;es et les anciens coll&#232;gues pr&#233;sents &#224; la c&#233;r&#233;monie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;65 ans, c'est selon l'Insee l'&#226;ge moyen de l'esp&#233;rance de vie en bonne sant&#233; en France (c'est moins pour les personnes aux m&#233;tiers les plus pr&#233;caires et difficiles). Le projet initial de Macron, c'&#233;tait de d&#233;caler l'&#226;ge de d&#233;part en retraite &#224; 65 ans. Donc de nous faire bosser, puis mourir, sans interlude ou presque, sans pouvoir profiter d'un temps sans travail, sans r&#233;veil, sans compte &#224; rendre, d'un temps de vie en &#233;tant encore en forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; de toutes les manifs anti-r&#233;forme des retraites, j'&#233;tais d&#233;j&#224; tellement en col&#232;re &#224; l'&#233;poque, pourtant mes parents &#233;taient encore l&#224; tous les deux et je pensais qu'ils allaient en profiter. Je les ai vu charbonner toute leur vie dans le social et le m&#233;dico-social, avec la justice sociale comme boussole, toujours. Et je me disais : ces parasites au pouvoir, qui selon moi n'ont jamais vraiment boss&#233;, d&#233;cident de rallonger nos vies au travail, de nous faire arriver &#224; l'&#226;ge de la retraite &#233;puis&#233;s et pour une partie, malades. J'ai la haine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, &#233;couter Fleur Breteau, de Cancer Col&#232;re, expliquer que la moiti&#233; des cancers sont de cause environnementale, qu'ils seraient &#233;vitables avec de la volont&#233; politique, si on voulait bien mettre les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de c&#244;t&#233;, m'a autant apais&#233;e, parce que d&#233;culpabilis&#233;e, parce que donn&#233; une forme de r&#233;ponse, que mise dans un &#233;tat de rage et de d&#233;go&#251;t absolu pour ce gouvernement, et pour ce syst&#232;me capitaliste en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment, il y a des moments o&#249; j'ai la haine. Alors on me dit : c'est une &#233;tape du deuil. Non ce n'est pas que &#231;a : je suis en col&#232;re parce qu'on est exploit&#233;s au travail, mal pay&#233;s, parce qu'on est malades, parce qu'on bouffe de la merde, parce qu'on la respire dans nos villes, et dans nos campagnes. Je suis en col&#232;re parce que mon p&#232;re a &#233;t&#233; mal pris en charge. Parce qu'on n'a pas eu le droit &#224; un accompagnement &#224; la fin de vie digne. Tout &#231;a, ce sont principalement des choix politiques et &#233;conomiques, visant &#224; maintenir une petite &#233;lite bourgeoise, mafieuse, qui ne cache m&#234;me pas la connivence de ses int&#233;r&#234;ts (on peut tranquillement affirmer que la loi Duplomb, c'est la FNSEA), en situation de domination totale. Mon p&#232;re les aurait all&#232;grement trait&#233;s de &#8220;fumiers&#8221;, sans jeu de mots douteux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des moments o&#249; je fais la liste de tous ceux que j'&#233;changerais contre mon p&#232;re. Elle est longue cette liste. Macron, Darmanin, Retailleau, Wauquiez, Duplomb, Borne, et tant d'autres&#8230; &#231;a aussi, on me dit que c'est une &#233;tape du deuil : le marchandage. Mais non, je crois que ce n'est pas que &#231;a. Je les donnerais sans aucun remord contre mon p&#232;re, parce qu'il &#233;tait si g&#233;n&#233;reux, et dans la vie, quand eux s&#232;ment la mort. Il ne pouvait pas se les voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme Nicolas Framont dans Saint Luigi, je me pose ces questions : &#8220;Qui nous consolera du fait qu'eux vivent dans des corps plus sains, plus beaux et plus durables que nous ? Et que plus leur r&#232;gne s'&#233;tend, plus nos chances de survie se r&#233;duisent ?&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le capitalisme m&#233;dical dans toute sa splendeur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand mon p&#232;re a ressenti les premiers sympt&#244;mes, il a consult&#233; le seul m&#233;decin disponible &#224; des kilom&#232;tres &#224; la ronde, car mes parents habitent dans un d&#233;sert m&#233;dical. Donc ils n'avaient pas le choix, et ce dernier a au d&#233;part diagnostiqu&#233; une sorte de pneumonie. Bon, l'erreur est humaine. Sauf que mon p&#232;re avait d&#233;j&#224; eu un cancer il y a quinze ans, et m&#234;me s'il &#233;tait consid&#233;r&#233; gu&#233;ri, il avait senti que l&#224; c'&#233;tait grave. Il avait demand&#233; &#224; passer un scanner, le m&#233;decin a refus&#233;. Comme &#231;a n'allait pas mieux, quelques jours plus tard, mes parents sont all&#233;s aux urgences. Apr&#232;s une nuit &#224; attendre dans un couloir, on leur a refus&#233; une hospitalisation, &#231;a relevait, selon le m&#233;decin, de la &#8220;m&#233;decine de ville&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons donc perdu plusieurs semaines, &#224; cause de facteurs qui l&#224; aussi sont des choix politico-&#233;conomiques : les d&#233;serts m&#233;dicaux, la toute puissance m&#233;dicale (le refus d'accorder aux patients une l&#233;gitimit&#233; dans leurs intuitions, une expertise de leur propre corps), puis le d&#233;labrement des services publics (et priv&#233;s) de sant&#233; qui ont pour r&#233;sultat un tri des patients au nom d'une n&#233;cessit&#233; de rapidit&#233; dans la prise en charge et d'une surcharge du syst&#232;me hospitalier, en particulier des urgences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, j'ai bien conscience que mon p&#232;re &#233;tait un homme, blanc, de classe moyenne, ne subissant pas &#224; priori de pr&#233;jug&#233;s ou de discriminations. Il n'emp&#234;che, le d&#233;sinvestissement dans nos syst&#232;mes de soins nous touche massivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aura fallu qu'ils aillent consulter &#224; une heure trente de chez eux, leur ancien m&#233;decin traitant, pour que mon p&#232;re soit enfin hospitalis&#233;. Le diagnostic de cancer tombera quelques jours plus tard, ainsi qu'une succession de mauvaises nouvelles, nos c&#339;urs faisant des bonds, se d&#233;pla&#231;ant entre nos entrailles et le haut de notre gorge au gr&#233; des annonces, des faux espoirs, du d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons v&#233;cu l'enfer, car voir quelqu'un que l'on aime mourir, dans la sid&#233;ration, c'est l'une des pires &#233;preuves de la vie, et l'une des plus partag&#233;es. Dans cet enfer, rien ne nous aura &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; : il n'y avait plus de place en service de canc&#233;rologie, et pas de service de soins palliatifs, il est donc rest&#233; jusqu'au bout dans le service de m&#233;decine interne. Malgr&#233; le professionnalisme global et l'empathie des &#233;quipes, il &#233;tait clair que ce service, qui accueillait le &#8220;tout venant&#8221;, n'&#233;tait pas adapt&#233;. Il y avait du bruit, des gestes brusques, des rires sonores dans les couloirs quand nous, nous pleurions en nous disant les derni&#232;res choses importantes. Nous avons nous-m&#234;mes cr&#233;&#233; une affiche indiquant &#8220;ce patient est en soins palliatifs&#8221; et un logo &#8220;silence&#8221; pour mettre sur sa porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on a su qu'il n'y aurait pas de chimioth&#233;rapie, et qu'il n'en pouvait plus de souffrir, mon p&#232;re a exprim&#233; le souhait d'en finir. Sauf que ce n'est pas possible en France &#8211; la loi sur la fin de vie est actuellement examin&#233;e au S&#233;nat. Cette loi a &#233;t&#233; tr&#232;s critiqu&#233;e par les collectifs anti-validistes, et tant qu'existera le risque qu'elle soit utilis&#233;e pour mettre fin &#224; la vie de personnes en situation de handicap, de vuln&#233;rabilit&#233;, qui sont en souffrance parce que notre soci&#233;t&#233; est profond&#233;ment discriminatoire et ne donne pas acc&#232;s &#224; des conditions de vie dignes pour tout le monde, elle ne devra pas entrer en vigueur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour mon p&#232;re, la fin de vie fut une question de jours, qui ont &#233;t&#233; d'une grande violence pour lui, pour nous. La s&#233;dation a &#233;t&#233; mise en place trop lentement, ce n'&#233;tait pas une s&#233;dation profonde comme pr&#233;vu dans ces cas-l&#224; mais un &#8220;&#233;quivalent&#8221; car visiblement les protocoles sont compliqu&#233;s, il bougeait, toussait, se levait dans une sorte de demi-sommeil, sourcils fronc&#233;s. Luttant, probablement. A un moment, on n'en pouvait plus, alors je suis all&#233;e voir la m&#233;decin. Je lui ai demand&#233; pourquoi on n'augmentait pas les doses, signalant qu'il &#233;tait agit&#233;, que c'&#233;tait atroce de le voir comme &#231;a. Elle m'a r&#233;pondu que &#8220;si on augmente trop d'un coup, ce sont des m&#233;dicaments qui peuvent entra&#238;ner la mort&#8221;. Je lui ai r&#233;pondu : &#8220;Mais il va mourir, non ?&#8221; Elle a acquiesc&#233;, g&#234;n&#233;e, contrainte par le risque qu'on se retourne contre l'h&#244;pital, car l'euthanasie est ill&#233;gale. M&#234;me si tout est all&#233; tr&#232;s vite, il y a des images qu'on aurait pr&#233;f&#233;r&#233; ne pas voir. Cette loi, dans une version am&#233;lior&#233;e, on en aurait bien voulu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'apr&#232;s : g&#233;rer sa souffrance et ne pas se faire avoir par les assureurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, j'ai ressenti l'impossibilit&#233; d'&#234;tre au monde comme avant : rien n'a de sens, on doit r&#233;apprendre &#224; vivre dans une nouvelle configuration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sandrine Collette dans Nous &#233;tions comme des loups d&#233;crit tr&#232;s bien, par la voix de son narrateur qui vient de perdre sa femme, ce que l'on peut ressentir quand quelqu'un que l'on aime vient de mourir : &#8220;&lt;i&gt;J'&#233;tais dans un &#233;tat pas normal je le sentais tout &#233;tait m&#233;canique. J'&#233;tais d&#233;tach&#233; des choses et pourtant chaque geste et chaque regard me transper&#231;ait de douleur, je naviguais entre deux univers pas tr&#232;s nets (&#8230;) &#224; cela je n'&#233;tais pas pr&#233;par&#233;.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis sentie perdue, bien qu'entour&#233;e de mes proches, j'ai trouv&#233; qu'on manquait terriblement de ressources pour affronter la mort, la tristesse, le deuil. J'avais besoin d'&#234;tre guid&#233;e, de symboles, de mots pour en parler, d'en entendre aussi. J'imagine que &#231;a vient en partie du fait qu'on vit dans une soci&#233;t&#233; moderne s&#233;cularis&#233;e qui manque de spiritualit&#233;, de rituels, qui occulte ces questions. J'ai trouv&#233; sur Arte (on peut toujours compter sur Arte), quelques vid&#233;os et podcast salutaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet oc&#233;an de douleur et de sid&#233;ration, cherchant &#224; trouver des r&#233;ponses, il fallait aussi remplir des dossiers et des dossiers, retrouver les codes, les mots de passe, dans ses mails ou son t&#233;l&#233;phone, pour avoir acc&#232;s aux diverses plateformes (imp&#244;ts, carte grise, abonnements en tout genre), photocopier quinze fois le certificat de d&#233;c&#232;s, et &#224; chaque fois, lire et relire une r&#233;alit&#233; que l'on n'a pas encore bien int&#233;gr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &#231;a met du temps, int&#233;grer l'information que quelqu'un n'est plus l&#224;, c'est irr&#233;el au d&#233;but, c'est du temps long. On pourrait croire que le temps de l'administratif c'est aussi du temps long, mais non, l&#224;, d'un coup, tout doit aller vite. Remplir les dossiers de pensions de r&#233;version, retrouver des papiers improbables, se connecter, &#233;crire, remplir, signer, envoyer. Se retrouver dans des situations lunaires : ne pas pouvoir vendre un v&#233;hicule parce qu'il faut que le propri&#233;taire de la carte grise (mon p&#232;re) d&#233;signe un mandataire pour la vente avec un Cerfa. P&#233;ter des plombs parce qu'on n'arrive pas &#224; se connecter, parce qu'on voudrait hurler &#224; ces plateformes num&#233;riques de mis&#232;re, &#8220;MAIS IL EST MORT&#8221;, l'impression que c'est la premi&#232;re fois que &#231;a arrive, aucun humain en face. Des heures pass&#233;es &#224; faire &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se prendre la violence du &#8220;questionnaire d&#233;c&#232;s&#8221; des assurances sur le cr&#233;dit, qui demandent le compte-rendu de l'h&#244;pital, contacter l'h&#244;pital et retrouver la m&#234;me boule au ventre, devoir relire, encore, &#8220;cancer multim&#233;tastatique&#8221;, &#8220;d&#233;c&#232;s&#8221;, devoir r&#233;pondre aux questions : quand les sympt&#244;mes ont-ils commenc&#233; ? Lesquels ? Date de la consultation ? Traitement ? Ant&#233;c&#233;dents ? Il fumait ? En fait la question en sous-texte c'est : est-on bien s&#251;r qu'il n'a pas fait expr&#232;s de mourir ? Qu'il ne l'a pas un peu cherch&#233; ? Et que donc, on pourrait ne pas vous donner l'argent auquel vous auriez droit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis dit : les personnes qui ne parlent pas bien fran&#231;ais, qui ne ma&#238;trisent pas l'informatique, qui sont seules, ou trop accabl&#233;es par la douleur pour avoir la force de s'occuper de &#231;a, comment font-elles ? Je n'ose imaginer la pr&#233;carit&#233; li&#233;e au non-recours aux droits parce que c'est trop compliqu&#233;, parce que c'est trop douloureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand mon p&#232;re &#233;tait &#224; l'h&#244;pital, je pensais souvent &#224; Gaza, aux h&#244;pitaux bombard&#233;s, je me disais : je ne peux pas imaginer ce que &#231;a fait, si sa vie &#233;tait menac&#233;e non seulement par la maladie mais par une bombe. L&#224; aussi, je me sentais tr&#232;s en col&#232;re, et tr&#232;s d&#233;munie. Les chefs d'&#201;tat g&#233;nocidaires, mon p&#232;re il ne pouvait pas non plus se les voir, c'&#233;tait visc&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me manquera tout le temps. Je sais que j'ai de la chance d'avoir connu tant d'amour, d'avoir h&#233;rit&#233; de ce que ma m&#232;re et lui nous ont transmis &#224; mes s&#339;urs et moi, mais il me manquera toute ma vie, dans tous les moments o&#249; il ne sera pas l&#224; et o&#249; il aurait d&#251; l'&#234;tre, o&#249; il aurait pu l'&#234;tre, peut-&#234;tre, si les choix politiques et &#233;conomiques &#233;taient diff&#233;rents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais conclure en citant la grande Annie Ernaux dans La femme gel&#233;e, d&#233;clarant son amour &#224; son p&#232;re et &#224; l'homme qu'il &#233;tait, en dehors des clous d'un patriarcat crasse : &#8220;&lt;i&gt;Rien que des images de douceur et de sollicitude. Chefs de famille sans r&#233;plique, grandes gueules domestiques, h&#233;ros de la guerre ou du travail, je vous ignore, j'ai &#233;t&#233; la fille de cet homme-l&#224;.&lt;/i&gt;&#8221; Moi aussi, j'ai &#233;t&#233; la fille de cet homme-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juliette Collet dans Frustration Magazine de d&#233;cembre 2025&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fiert&#233;s folles</title>
		<link>https://www.kheper.org/Fiertes-folles</link>
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		<dc:date>2026-01-06T14:33:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;CQFD de novembre 2025&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.kheper.org/Les-amis-de-la-presse-libre" rel="directory"&gt;Les amis de la presse libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; bout de soins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fiert&#233;s folles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s pr&#232;s de dix ans d'absence, la Fada Pride marseillaise rena&#238;t. &#192; la barre : les fous, les folles, les fatigu&#233;s de la psy et de ses &#233;ternels dysfonctionnements, les &#233;nerv&#233;s de la violence sociale sans cesse reconduite.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Nous avons le droit et le devoir de vivre notre vie comme nous l'entendons. &#187; Au micro, Lola* vacille un peu, mais ne flanche pas. Elle est venue d&#233;rouler devant une petite cinquantaine de personnes r&#233;unies place Jean Jaur&#232;s &#224; Marseille. Le rendez-vous qu'ils et elles se sont donn&#233;es ce jour-l&#224; porte un nom d&#233;licieusement frondeur : la Fada Pride. Fiert&#233; folle, folie fi&#232;re, fi&#232;rement f&#234;l&#233;s, qu'importe l'ordre des mots, l'id&#233;e est l&#224; : rappeler au syst&#232;me psy que ses usagers et ses usag&#232;res ne sont ni des ombres ni des num&#233;ros de dossier.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sans doute un d&#233;tail pour le gouvernement qui, en octobre 2024, d&#233;clarait la sant&#233; mentale &#171; Grande cause nationale &#187; de l'ann&#233;e 2025, tout en oubliant d'y mettre les &#171; grands &#187; moyens (1). Courant octobre, des prides se sont donc organis&#233;es dans cinq villes de France pour d&#233;noncer des pratiques maltraitantes et une m&#233;canique qui reproduit la violence sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par et pour les personnes constern&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fada Pride marseillaise est apparue pour la premi&#232;re fois en 2015, puis une seconde fois en 2016, avant de tomber dix ans dans l'oubli. Mais cette ann&#233;e, l'&#233;v&#233;nement s'est relanc&#233; le samedi 18 octobre dernier. Sur place, deux grosses enceintes jouent de vieux standards cubains, glissent sans pr&#233;venir &#224; de l'&#233;lectro, et diffusent quiconque d&#233;sire prendre la parole. Des stands d'infos et de linogravures agr&#232;gent les participants et les curieux. &#192; la table des zines, la revue Soin'Soin fait la r&#233;clame pour ses quatre superbes num&#233;ros. Mathieu, son concepteur, rappelle la teneur du projet &#233;ditorial : &#171; &lt;i&gt;C'est fait par et pour les personnes concern&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Ce jour-l&#224;, cette phrase est dans toutes les bouches. &#171; &lt;i&gt; Ici on veut faire avec ceux qui subissent le syst&#232;me psy ! &#187; confirme Anakin, l'un des organisateurs de la Fada marseillaise. Le &#171; syst&#232;me psy &lt;/i&gt; &#187;, rappelle le communiqu&#233; de l'&#233;v&#233;nement, c'est bien souvent &#171; &lt;i&gt;l'enfermement, les soins sans consentement, les violences psychiatriques et un recours syst&#233;matis&#233; au tout-m&#233;dicament &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2022, environ 8 000 personnes hospitalis&#233;es sans leur consentement en psychiatrie ont fait l'objet d'au moins une contention m&#233;canique. &#192; cela, &#171; ceux qui subissent &#187; r&#233;pondent : &#171; &lt;i&gt;Rien sur nous sans nous ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au gr&#233; des discussions, les vieux th&#232;mes de la psy reviennent &#8211; l'exclusion, les gal&#232;res de boulot, la rue, la conso de produits, les m&#233;docs qui cassent le corps et la t&#234;te &#8211;, tandis que de nouveaux affleurent. Un pont semble se dessiner avec les probl&#232;mes soulev&#233;s par la communaut&#233; LGBTQ+. &#171; &lt;i&gt;Le lien c'est le contr&#244;le des corps, explique T., psychanalyste. L'h&#233;t&#233;ropatriarcat, tout comme la psychiatrie, impose ce type de domination. En hosto, on peut te priver de libert&#233;, t'isoler, utiliser sur toi la contention physique ou chimique... &lt;/i&gt; &#187; D'autant que la psychiatrie a un lourd passif avec la communaut&#233; LGBTQ+ : la pathologisation de l'homosexualit&#233; a eu cours jusque dans les ann&#233;es 1970 et la transidentit&#233; n'a officiellement &#233;t&#233; d&#233;psychiatris&#233;e que tout r&#233;cemment (2). &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, les personnes queers subissent de plein fouet l'extr&#234;me droitisation du monde, la paup&#233;risation, la violence. La communaut&#233; va mal. Alors forc&#233;ment, on commence &#224; converger &lt;/i&gt; &#187;, rel&#232;ve Anakin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des demandeurs d'asile, souvent traumatis&#233;s par des parcours migratoires douloureux, est aussi l'objet d'une attention particuli&#232;re. En France, une personne sans titre de s&#233;jour sur six souffre de stress post-traumatique, mais selon Anakin &#171; &lt;i&gt; la psy n'est pas &#224; la hauteur &lt;/i&gt; &#187;. T. se souvient d'un mineur isol&#233; atteint d'une maladie infectieuse qu'il a accompagn&#233; : &#171; &lt;i&gt;Il ne comprenait pas ce que racontaient tous ces Blancs en blouses blanches. Il voulait voir un marabout. Mais au lieu de l'&#233;couter, on est venu me chercher pour le convaincre de se soigner&lt;/i&gt;. &#187; Et &#233;videmment, le manque de moyens finit d'aggraver la situation. En 2023, le Haut Conseil &#224; l'&#201;galit&#233;, dans son &#233;valuation des Centres r&#233;gionaux du psychotraumatisme, constate qu'aucun centre n'assume correctement ses missions : l'embolie est telle qu'ils doivent prioriser en excluant les situations les plus complexes&#8230; Fr&#233;quentes chez les exil&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un monde fou&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'atelier pancarte, ce jour-l&#224;, un slogan retient particuli&#232;rement l'attention : &#171; &lt;i&gt;C'est le monde qui est &#8220;fou&#8221; !&lt;/i&gt; &#187; Un &#233;cho au manifeste de la Mad Pride parisienne et son &#171; &lt;i&gt; nous refusons la pathologisation dont nous sommes l'objet, c'est leur monde qui est malade &lt;/i&gt; &#187;. Place de la R&#233;publique &#224; Paris, la militante antipsychiatrique Nan marci clamait : &#171; &lt;i&gt;Nous n'irons jamais mieux dans ce monde capitaliste, seule la r&#233;volution porte l'espoir de la sant&#233;, nous ne voulons pas de meilleurs soins, nous voulons un autre monde. &lt;/i&gt; &#187; Chercheuse en philosophie, elle mobilise le concept de &#171; non-normopathe &#187; &#8211; litt&#233;ralement : maladie de la normalit&#233; &#8211; qui caract&#233;rise &#171; toutes les personnes qui s'int&#232;grent avec facilit&#233; au monde tel qu'il existe aujourd'hui &#187; (3). C'est, selon elle, d&#233;j&#224; une forme de pathologie : &#171; &lt;i&gt; Les honn&#234;tes travailleurs, les bons p&#232;res de famille, les bons citoyens ont tellement int&#233;gr&#233; les normes sociales que &#231;a d&#233;truit le principe de leur individualit&#233; et de leur subjectivit&#233;. [&#8230;] On est tous et toutes malades du capitalisme mais pas de la m&#234;me mani&#232;re. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ga&#235;lle Desnos dans CQFD de novembre 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre d'ateliers d'&#233;criture men&#233;s par le CoFoR (Centre de formation au r&#233;tablissement) &#224; Manifesten, des personnes psychiatris&#233;es et non psychiatris&#233;es se retrouvent. Lola en fait partie. Voici un extrait de ce qu'elle &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous ne serons plus colonis&#233;s, oppress&#233;s, brim&#233;s. Nous nous tiendrons avec force, courage, honneur et dignit&#233; devant la toute-puissance du syst&#232;me psy et du m&#233;decin sachant qui soigne, mais n'a pour objectif que de gu&#233;rir. Nous nous tiendrons main dans la main devant l'oppresseur et essaierons par des chemins de traverse de trouver des chamans, medicine men ou gu&#233;risseurs qui usent de magie ou de formes traditionnelles alternatives &#224; cette m&#233;decine occidentale fig&#233;e, protocolaire et ali&#233;nante. Notre r&#233;tablissement et notre pouvoir d'agir sont proches, &#224; port&#233;e de main. Ils nous appartiennent. C'est notre terre promise et nous nous battrons pour la reconqu&#233;rir. Le bonheur ne r&#233;side pas dans l'opulence. Il sait se contenter de ce qu'il a et aucun colon m&#233;dical ne nous le prendra. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) En juin 2025, le S&#233;nat publie un rapport intitul&#233; &#171; Sant&#233; mentale et psychiatrie : pas de &#8220;Grande cause&#8221; sans grands moyens &#187;. Constat : la sant&#233; mentale se d&#233;grade, surtout chez les jeunes, tandis que l'offre publique est embolis&#233;e, in&#233;gale et en sous-effectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Lire &#171; Sant&#233; : le parcours du combattrans &#187; CQFD n&#176;244 (septembre 2025)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Voir &#171; C'est leur monde qui est fou, pas nous &#187;, Lundimatin (06/10/2025).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>T&#233;moignage de Mr Hirahi NORIO</title>
		<link>https://www.kheper.org/Temoignage-de-Mr-Hirahi-NORIO-technicien-chaudronnier-japonais</link>
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		<dc:date>2025-12-02T07:47:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;La Gazette du nucl&#233;aire mai 2011 (Fukushima)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.kheper.org/Les-amis-de-la-presse-libre" rel="directory"&gt;Les amis de la presse libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;T&#233;moignage de Mr Hirahi NORIO technicien chaudronnier japonais&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;rence de J&#233;r&#233;mi CHAPELIN lors de l'Universit&#233; Buissonni&#232;re des Sciences Citoyennes en ao&#251;t 2015 avait &#233;t&#233; tir&#233;e d'un texte paru dans la Gazette du nucl&#233;aire N&#176;260. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons retrouv&#233; ce texte que vous pouvez &lt;a href=&#034;https://www.kheper.org/IMG/pdf/temoignage_de_mr_hirahi_norio_technicien_chaudronnier_japonais.pdf&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;, ou &lt;a href=&#034;https://www.kheper.org/Jeremie-CHAPELAIN&#034;&gt;l'entendre sur ce lien.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez &lt;a href=&#034;https://www.gazettenucleaire.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;consulter les archives&lt;/a&gt; de La Gazette du nucl&#233;aire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais vous pouvez aussi &lt;a href=&#034;https://www.kheper.org/IMG/pdf/abonnement_la_gazette_du_nucleaire.pdf&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt; &#224; l'&#233;dition papier. C'est tellement mieux !...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les soir&#233;es de promotion de l'IA</title>
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		<dc:date>2025-11-05T14:53:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le Postillon de l'&#233;t&#233; 2025&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.kheper.org/Les-amis-de-la-presse-libre" rel="directory"&gt;Les amis de la presse libre&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les soir&#233;es de promotion de l'IA&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intelligence artificielle n'est pas seulement impos&#233;e par quelques lointains milliardaires inaccessibles. Il y a aussi une flop&#233;e d'universitaires et autres gens tr&#232;s instruits qui &#339;uvrent &#224; accompagner son d&#233;veloppement de &#171; questionnements &#233;thiques &#187; et autres discours pseudo critiques. Soit beaucoup de blabla &#233;vitant soigneusement ce constat basique : on n'a pas besoin de l'IA, son d&#233;veloppement va compliquer encore plus les qu&#234;tes d'&#233;mancipation et de libert&#233; alors il faut tout arr&#234;ter, r&#233;fl&#233;chir et c'est pas triste. Compte-rendu critique de [trois] soir&#233;es grenobloises d'enculage de mouches artificielles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'IA et le travail, une transformation radicale ou une &#233;volution sans surprises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 mai - Biblioth&#232;que du centre-ville de Grenoble&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle forme d'automatisation des t&#226;ches permise par l'IA provoque deux discours d&#233;j&#224; traditionnels. D'un c&#244;t&#233; celui de la peur du remplacement forc&#233; de l'homme par la machine et de la perte involontaire de notre gagne pain. D'un autre celui de la lib&#233;ration de la p&#233;nibilit&#233; et de la contrainte du travail gr&#226;ce aux machines pour le plus grand &#233;panouissement de tout le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les possibilit&#233;s d'automatisation totale sont largement fantasm&#233;es. Historiquement, l'introduction de l'automatisation s'est faite gr&#226;ce au morcellement de l'activit&#233; humaine en t&#226;ches r&#233;p&#233;t&#233;es, en &#339;uvre depuis l'essor du monde industriel et qui a entra&#238;n&#233; le chapelet de nuisances individuelles et collectives qu'on conna&#238;t. Pire encore, l'industrie de l'IA elle-m&#234;me est le meilleur exemple de travail organis&#233; d'une mani&#232;re standardis&#233;e et pr&#233;caire, notamment gr&#226;ce aux pauvres &#171; &lt;i&gt;travailleurs du clic&lt;/i&gt; &#187;, sous-pay&#233;s pour g&#233;n&#233;rer des donn&#233;es, noter des images, v&#233;rifier des pr&#233;dictions, mod&#233;rer des contenus&#8230; Bref, l'automatisation gr&#226;ce au calcul et l'informatique n'est que l'am&#233;lioration d'un syst&#232;me d'exploi&#173;tation centenaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; en gros le propos de l'expos&#233; des deux doctorants du soir, Chlo&#233; Bonifas et Louis Devillaine, au demeurant fort perspicaces et assez dr&#244;les. Le tableau, assez lucide, montre aussi que l'automatisation est g&#233;n&#233;ralement voulue par les patrons et subie par les travailleurs&#8230; Reste la question : que faire ? C'est l&#224; qu'on passe de la perspicacit&#233; &#224; la myopie. Les deux intervenants plaident pour une &#171; grande r&#233;flexion collective &#187; afin de d&#233;cider tous ensemble tous ensemble ouais ouais quelle IA et quelle automatisation serait la plus b&#233;n&#233;fique. Le d&#233;ferlement de l'IA ne serait, donc, qu'une bonne occasion pour r&#233;fl&#233;chir &#224; la fa&#231;on dont les travailleurs pourraient participer &#224; une organisation collective du travail. Comme si de telles occasions ne s'&#233;taient jamais pr&#233;sent&#233;es depuis deux si&#232;cles et comme si les chemins vers une &#233;mancipation des travailleurs n'avaient pas &#233;t&#233; barr&#233;s par des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, dont la puissance est aujourd'hui renforc&#233;e par l'IA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement de cette nouvelle industrie ne va-t-il pas encore rendre plus impossible une potentielle r&#233;appropriation collective du travail ? Quand la question a &#233;t&#233; pos&#233;e, il y a eu un temps de silence puis cette affirmation : &#171; Je crois que la r&#233;ponse est dans la question. &#187; Mais &#233;noncer clairement cette &#233;vidence impliquerait de militer activement pour l'arr&#234;t du d&#233;veloppement de l'IA et emp&#234;cherait de se faire payer pour l'accompagner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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