Accueil > Expérimentations > Remarques sur les média

Remarques sur les médias du 5 octobre

Chers tous,

Les remarques ci-après sont des remarques en creux, c’est-à-dire d’un fait qui ne s’est pas produit, et, de surcroît, dont l’inexistence n’a pas non plus été signalée par les médias. Or, ce qui n’a pas eu lieu - comme ce qui n’a pas été noté comme absence - est souvent aussi significatif, aussi révélateur que ce qui a eu lieu. De quoi s’agit-il ?

Le 15 avril 2019, vers 18 h 20, la cathédrale Notre-Dame de Paris prit feu, et l’incendie dura jusqu’au lendemain. Compte tenu de l’ancienneté de l’édifice, de sa taille, du nombre de ses richesses architecturales ou artistiques, on estima à 600 millions d’euros le coût de la remise en état de l’édifice.

Aussitôt, les grandes fortunes de France, les grandes entreprises de France se bousculèrent pour offrir leur contribution à la reconstruction du monument : Bernard Arnault et LVMH, la famille Bettencourt et L’Oréal, la famille Pinault et Artémis, J.-C. Decaux, la famille Bouygues, Michelin, Total, Ladreit de Lacharrière, Walt Disney, etc., toutes ont fait la course pour être la première à dégainer son carnet de chèques.

Actuellement, les pluies et inondations dans les Alpes-Maritimes ont causé dans les 400 millions d’euros de dommages aux particuliers, et sans doute autant de dommages aux infrastructures publiques, et un total, une fois tout pris en compte, qui pourrait avoisiner le milliard d’euros (c’est-à-dire une somme du même ordre de grandeur que la reconstruction de Notre-Dame).

Et force est de constater que même en épluchant Internet, on ne trouve nulle part trace de ce grand élan de "générosité" de la part des hyper-riches et des grandes entreprises pour leurs compatriotes du sud de la France : rien, pas la moindre obole ! Or, actuellement, la situation est bien plus dramatique, bien plus urgente : nombre de nos compatriotes sont morts, d’autres ont vu disparaître leur maison - ou se résigner à la voir démolie, et donc, avec elle, les souvenirs et le patrimoine de toute une vie - des villages entiers sont isolés, sans eau, sans électricité, sans gaz, sans téléphone, sans Internet, sans hôpital, sans soins. L’activité économique des Alpes-Maritimes va être plombée pour des mois, si ce n’est des années.

On a l’impression, là, d’assister à une course de lenteur (le dernier arrivé a gagné) ou des enchères inversées (celui qui propose le prix le plus bas emporte la vente). Or, non seulement ils pourraient payer (si Bernard Arnault prenait tout en charge, sa fortune ne serait écornée que de 1 %), mais une éventuelle contribution des fortunes privées et des entreprises ne représenterait qu’une part minime des cadeaux fiscaux qui leur ont été attribués généreusement depuis la première cohabitation Balladur (en 1986).

Et on a beau tendre l’oreille du côté du gouvernement, celui-ci n’a pas montré le moindre frémissement, la plus petite velléité d’une contribution exceptionnelle des riches et des entreprises (on ne parle même pas d’une réintroduction permanente de l’ISF...) alors que la crise économique liée à la pandémie du Covid-19 a déjà plongé le pays dans la récession et un déficit budgétaire abyssal...

Plus et mieux que des longs discours, ce silence est éloquent sur l’idéologie du gouvernement et l’identité des classes sociales qui font la loi en France.

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques. (1)

Bien à vous

Philippe Arnaud, AMD Tours

(1) écrire à kheper@gmx.fr qui transmettra